Autrefois, les murs se construisaient pour durer des générations. Aujourd’hui, trop d’ouvrages s’effritent au bout de deux hivers. La différence ? Une étape souvent bâclée, voire ignorée : l’arase du muret. Ce n’est pas qu’une finition. C’est la garantie que l’eau ne s’infiltre pas, que le support tient bon, et que le chaperon ou la clôture posée dessus ne bougera pas d’un millimètre. Passer à côté, c’est risquer de tout refaire dans quelques années.
Pourquoi l’arase est le garant de la longévité de votre mur
L’arase de finition n’est pas là pour faire joli, même si un bon arasement donne un rendu propre. Son rôle premier est technique : protéger le muret des agressions extérieures. En formant une couche continue et légèrement inclinée, elle empêche l’eau de pluie de stagner sur les joints ou de s’insinuer entre les parpaings. Sans cela, les cycles de gel-dégel attaquent le mortier, créant des fissures, puis des éclatements. Sur un mur de clôture, c’est souvent le début de la fin.
Elle assure aussi une mise à niveau indispensable. Même avec une pose soignée, les derniers rangs de parpaings présentent des micro-décalages. L’arase corrige ces irrégularités, créant une surface parfaitement horizontale. C’est essentiel pour l’étanchéité et la stabilité de tout ce qui repose dessus : chaperon, linteau, ou système de fermeture. Une base bancale, c’est une structure en sursis.
Le respect des niveaux est un savoir-faire qui se transmet, et pour approfondir vos connaissances sur le sujet, on peut consulter le site blogenchine.com. C’est ce genre de précision qui fait la différence entre un mur qui tient et un mur qui se dégrade.
Comparatif des types d’arases selon l’ouvrage
L’arase de soubassement vs arase de finition
Il ne faut pas confondre l’arase de soubassement, placée en bas du mur, et celle de finition, au sommet. Leurs fonctions sont différentes, tout comme leurs compositions. La première sert de coupure de capillarité : elle empêche l’humidité du sol de remonter dans les parpaings. Elle est souvent en béton armé ou avec un mortier hydrofuge. La seconde vise à finaliser la construction, en offrant une surface plane et durable pour l’élément supérieur.
Ces deux types d’arases requièrent des matériaux adaptés à leur emplacement et leur usage. Le choix de l’un ou l’autre dépend du contexte : mur porteur, clôture, soubassement d’habitation, exposition aux intempéries. Voici un aperçu des options les plus courantes.
| Type d’arase | Usage principal | Épaisseur recommandée (cm) |
|---|---|---|
| Béton | Soubassement | 10 à 15 |
| Mortier hydrofuge | Finition | 3 à 5 |
| Béton armé | Renforcement | 10 à 20 |
La technique du coffrage pour un arasement parfait
Préparation des guides et mise à niveau
Le coffrage est incontournable pour un résultat précis. Il s’agit de fixer deux planches bien droites de chaque côté du mur, à la hauteur souhaitée. Elles servent de gabarit pour couler le mortier. L’étape la plus délicate ? La mise à niveau. Un faux niveau, et tout est faussé. On utilise donc un niveau laser ou un long niveau à bulle, vérifié sur toute la longueur. Un mètre tous les deux mètres, c’est la règle. On ajuste les planches à l’aide de cales ou de serre-joints.
Le ferraillage : quand est-il nécessaire ?
Pour un simple muret de jardin, une arase en mortier peut suffire. Mais dès qu’il s’agit d’un mur soumis à des contraintes – vent, portail lourd, vibrations – il faut penser à l’armer. Un ferraillage léger, avec des fils d’acier croisés ou un chaînage intégré, renforce la résistance à la traction. Cela limite les risques de fissures, surtout si l’arase fait plus de 10 cm d’épaisseur. Ce n’est pas systématique, mais la garantie décennale exige souvent ce renfort sur les ouvrages porteurs ou exposés.
Coulage et lissage du mortier
Une fois le coffrage en place, on coule le mortier par petites quantités, en veillant à bien remplir tous les recoins. Il ne doit pas y avoir de vide. Le lissage se fait à la règle d’abord, puis à la taloche pour obtenir une surface bien plane. On peut légèrement incliner l’arase (1 à 2 %) pour favoriser l’évacuation de l’eau, surtout si aucun chaperon n’est prévu. Le talochage doit être régulier : ni trop appuyé, ni trop léger, sinon on crée des dénivelés ou une peau trop fragile.
Matériel et dosages : les clés de la réussite
Les outils indispensables du maçon
Un bon résultat commence par un bon matériel. On ne plaisante pas avec les outils sur un chantier sérieux. Il faut une truelle de bonne qualité, un niveau laser fiable, une taloche en bois ou en plastique, une règle alu de 1,5 à 2 mètres, et des serre-joints puissants pour maintenir le coffrage. Une brouette, un seau et une pelle complètent le kit. La précision vient autant de la main que de l’outil : un niveau qui vibre, une taloche qui porte mal, et l’horizontalité parfaite n’est plus au rendez-vous.
Préparer un mélange résistant
Le dosage du mortier fait toute la différence. Pour une arase standard, on part sur un mélange 1 volume de ciment pour 3 de sable. On peut y ajouter un adjuvant hydrofuge si le mur est exposé aux intempéries. Cela réduit l’absorption d’eau et limite les taches. Pour une arase en béton armé, on passe à un dosage béton (1 volume ciment, 2 sable, 3 gravillons). L’eau doit être dosée avec parcimonie : un mortier trop liquide se tassera, un mortier trop sec durcira mal.
Conditions climatiques et temps de séchage
Le temps joue un rôle crucial. En plein soleil, le mortier peut sécher trop vite, ce qui provoque des fissures de retrait. À l’inverse, sous la pluie ou en cas de gel, le béton ne durcit pas correctement. Il faut donc protéger l’arase fraîche : la bâcher pendant les 24 à 48 premières heures est souvent indispensable. On laisse sécher au moins 7 jours avant de charger la structure, et 14 jours pour une prise complète, surtout si on pose un chaperon scellé ou un portail mécanique.
Les étapes pas à pas pour araser sans erreur
Nettoyage et humidification du support
Avant toute chose, on nettoie soigneusement le haut du mur. On balaie les poussières, les débris, et on humecte la surface. Cela évite que le parpaing absorbe trop d’eau du mortier, ce qui nuirait à l’adhérence du mortier. Une surface propre et humide, c’est la base d’un bon collage.
Réglage de la hauteur finale
Ensuite, on fixe les planches de coffrage à la hauteur exacte souhaitée. On vise souvent l’alignement avec un portail, un seuil ou un autre mur. On vérifie chaque section avec le niveau laser, en tenant compte de la pente si nécessaire. Une fois tout calé, on peut passer au coulage.
- 1. Nettoyage du support et humidification
- 2. Pose des planches de coffrage ajustées
- 3. Mise à niveau précise avec laser ou niveau à bulle
- 4. Coulage du mortier par section
- 5. Lissage à la règle puis finition à la taloche
Les interrogations courantes
Peut-on araser un muret sans faire de coffrage ?
Oui, pour des murets rustiques ou peu visibles, on peut réaliser une arase à la truelle, dite « à la volée ». Cette méthode demande une grande habileté pour garder une ligne droite. Elle convient aux petits ouvrages, mais ne garantit pas une horizontalité parfaite sur de longues distances.
Que faire si l’arase est trop fine et se fissure ?
Une arase inférieure à 2 cm est fragile, surtout si elle n’est pas armée. Elle se fissure facilement par retrait ou sous contrainte. La solution consiste à la refaire avec une épaisseur suffisante et, si possible, à intégrer un maillage ou des fibres dans le mortier pour renforcer la cohésion.
Comment intégrer une pente sur mon arase ?
Pour évacuer l’eau, on règle les planches de coffrage avec une légère pente (1 à 2 %). Le mortier est coulé en suivant cette inclinaison. C’est indispensable si aucun chaperon n’est prévu, afin d’éviter les infiltrations et l’érosion du mur.
Combien de temps attendre avant de poser des couvertines ?
Il faut attendre au minimum 7 jours pour une arase en mortier, 14 jours pour une arase en béton. Cela permet une prise suffisante avant de poser des couvertines scellées ou collées, qui pourraient bouger ou casser si le support n’est pas stabilisé.
L’arase est-elle obligatoire sous un portillon ?
Elle n’est pas réglementairement obligatoire, mais fortement recommandée. Le socle doit être solide pour supporter les vibrations et les contraintes mécaniques. Une arase correctement réalisée renforce la zone d’ancrage, assurant une meilleure stabilité du portillon et une durée de vie prolongée.